- Tu as... Quoi ?! cria Alexandre.

Lewma baissa la tête, ses pieds soudainement devenus intéressants, la honte l’accablant. Des doigts se posèrent sous son menton, relevant son regard sur le rougeâtre, qui n’en finissait plus de la sermonner. Non, elle n’avait rien dit. Non, Lamia n’était pas morte pour cette raison. Ce n’était pas sa faute. Mais celle de l’héritier se tenant devant elle. Non, elle n’avait rien dit. Parce que c’est elle qui reposerait six pieds sous terre, actuellement. Et elle ne voulait pour rien au monde y retourner.

Cette vision peu plaisante reposait au fond de son esprit, et elle n’en sortirait pas, elle ne la reverrait pas. Sous aucun prétexte elle ne la laisserait faire. La Faucheuse ne lui tendrait pas la main, pas une seconde fois. Pas alors qu’elle revenait tout juste parmi les vivants.

Même si tout juste ne tenait probablement pas du bon terme, des bons mots à utiliser. Voilà presque onze ans, maintenant.

- Réponds-moi quand je te parle, Lewma !

Non. Il la tuerait. Mais il insista, plus durement. Autoritaire. Elle avait encore du mal à croire que celui qui se tenait devant elle n’était pas un doublon, une sorte de... jumeau maléfique, qui n’hésiterait pas un seul instant à lui en coller une, si elle ne répondait pas. Et elle ne répondait pas, ne répondrait pas, garderait le silence. Il ne devait pas. Cette vérité, réalité. Il ne la supporterait pas. Et elle ne voulait pas assister à sa chute.

La main de la marionnette s’abattit sur sa joue. Violente. Violent. Violence. Juste ça. Plus que ça. Plus que la souffrance, la douleur, les larmes. Les rêves. Les rêves de la troisième génération. Le jour de sa résurrection, elle n’avait pas rêvé. Elle croyait qu’elle en avait réchappé, contrairement au reste de sa fratrie, mais non. Ils étaient seulement plus rares. Mais aussi plus intenses, puissants.

Contrepartie douloureuse.

Combien de fois son oncle avait-il été obligé de l’emmener à l’hôpital d’urgence, encore dans son pyjama lapin ? Beaucoup trop. Mais malgré ça, elle ne se retournerait pas vers la mort, peu importe si sa vie devenait peu à peu un pur enfer. L’enfer n’était rien à coté de ce lieu.

Alors elle ne raconterait rien. Gardant ça pour elle, quitte à devoir se cacher dès qu’Alexandre foulait l’étage où elle se trouvait. Parce que sa chute n’allait pas tarder, qu’elle serait longue. Longue, la plus longue de celles qu’avaient connu les Purple, jusque-là. Longue, lente. Pour tout le monde.

- Non, fit-elle sèchement, se levant ensuite. Elle avait cours. Presque la vingtaine, et elle allait toujours en cours. Elle souffla, se disant qu’il ne lui restait plus que quatre petits mois sur les bancs d’école.

Derrière elle, Alexandre eut un mouvement qu’il ne mit pas longtemps à stopper ; il devrait se montrer... gentil, avec elle, s’il voulait qu’elle lui dise. Gentil... Redevenir le petit garçon apeuré qu’il était, enfermé dans une chambre d’hôpital dénuée de toute joie, les jambes souffrant à longueur de journée. Il secoua la tête, lui souhaitant une bonne journée. Elle se figea, se retourna, lui lança un regard démontrant clairement qu’elle voyait très bien qu’il commençait à lui mentir. Et que tout ce qu’il lui dirait ne serait que mensonges, désormais.

Lewma reprit sa marche, attrapant son sac posé devant l’entrée, échappant un rire bien étrange qui fit grogner d’impatience le pantin, toujours au salon. Cette petite... Pourquoi l’avait-il fait revenir ? Au final, elle ne faisait que lui pourrir la vie !

81

Une délicate pluie tombait sur Sunset Valley. Une épaisse brume s’était levée. Le ciel s’accordait à elle, il faut croire. Le temps grisâtre remplaça soudainement le beau temps ensoleillé.

Pluie déprimée.

Lewma accablée.

Petite fille effrayée.

Violette ressuscitée.

Pluie, eau. Coeur rapide, pensées entremêlées. Mains crispées, jambes figées. Corps tremblant, paupières papillonnant. Yeux humides, regard affolé. Peau trempée, enfant noyée.

Automatiquement, elle se mit à reculer, à se recroqueviller sur elle-même. Sa main toucha la poignée, qu’elle tourna brusquement, se réfugiant à l’intérieur, où son oncle l’attendait. Évidemment. Elle seule pouvait oublier, oublier qu’elle n’arrivait même pas à se prendre un verre d’eau sans trembler. Et dehors, il pleuvait. D’abord un peu, maintenant beaucoup, énormément. Trop pour que ce soit normal.

- Tu veux que je t'emmène ? proposa le seul arrivant à porter ces gênes de meurtriers tout en étant si humain. Il n'avait toujours pas son permis, ils allaient donc devoir marcher et il serait en retard à son travail. Mais il lui tendait tout de même un parapluie, souriant, pas du tout hésitant, sincère.

Alors elle accepta, parce que les véritables humains se faisaient rares, dans cette famille, et que ça faisait du bien de passer un peu de temps avec l'un deux, de ne pas avoir à peser tous ses mots, aussi innocents soient-ils. Ces moments qui ne duraient jamais longtemps, dont on ne savait pas profiter. La famille... qu'était réellement la famille ? Un amas de personnes du même sang. Ouais, voilà... Sa famille ne tenait pas des plus soudées, de toute façon.

Encore heureux.

Il n'y aurait probablement plus personne sur cette Terre.

Mais, Diable, pourquoi Circée n'était-elle pas restée dans son monde ?

- Tu peux me laisser ici, je vais pas faire ça toute ma vie... se résigna la violette sans aucune raison particulière, sans qu'aucune pensée quelconque ne lui ait dicté ces paroles.

- Ça me dérange pas tu s-

- Jack.

- ... je te laisse quand même le parapluie.

81

Et il partit, lentement, marchant à reculons, manquant de peu de se fracasser contre un bon nombre de lampadaires n'éclairant plus depuis des lustres.

Et elle lui sourit, pas très fière de son initiative sortie de nulle part, tournant les talons et se retrouvant nez à nez avec la mer martelée de petites gouttes de pluie.

Oui, elle regrettait vraiment d'avoir prononcé ces mots.

L'eau venait s'échouer à ses pieds, laissant une désagréable sensation, comme si on la brûlait vive. Mais elle avançait, brûlait ses jambes, ses genoux, ses cuisses, ses hanches, son ventre, son dos, ses mains, ses bras, ses épaules.

Sa tête restait en suspens au-dessus du feu, ses orteils chatouillaient les fonds marins.

Elle avança encore un peu, là où elle ne touchait plus le sol sableux.

Alors qu'elle avait du mal à regarder Margot se prendre un verre d'eau sans frôler la crise de panique.

Alors qu'elle ne savait pas nager.

Elle continuait quand même, avançait sans vraiment contrôler ses membres, se laissait glisser dans l'eau qui la terrifiait.

Coulait.

Encore une fois.

Perdait conscience dans sa panique, n'avait absolument aucune force qui lui permettrait de grapiller encore quelques instants de vie. Son corps ne lui répondait tout simplement plus, restait figé sur place, rejoignant le fond de la

(piscine)

mer.

110068045

- Lewma ! Mais qu'est-ce que t'as foutu ? une claque, mais tu vas me répondre, oui ? deux. Ça fait mal, réveille-toi ! trois.

Lewma ouvrit brusquement les yeux, prête à incendier la personne l'ayant sortie de son précieux sommeil. Mais tout ce qu'elle vit se résumait en un ciel gris, en de la pluie, beaucoup de pluie. Trop de pluie. Elle se redressa, cherchant un abri des yeux ; un arbre dénué de feuilles ne suffirait pas.

- Ah bah voilà ! la violette ne répondit pas, comme si elle ne l'avait pas entendue. l'autre roula alors des yeux, l'attrapant par le bras pour la faire se retourner.

- Quoi ?!

- Calme. Pourquoi t'as fait ça ?

- Fait quoi ?

- ... avancer dans l'eau, alors que tu sais même pas nager.

- J'ai fait ça ?

L'hybride hocha la tête avant de repartir aussi sec d'où elle venait, sans plus de mots en son encontre, sans une explication supplémentaire. Juste le silence et le martèlement des gouttes d'eau sur l'océan.

''And in the burst of light that blinded every angel
As if the sky had blown the heavens into stars
You felt the gravity of temper grace falling into empty space''

__________

(J'aime tellement mon design, il résume si bien les dix générations)

Je ne suis absolument pas fière de ce chapitre ._.

Mais, bon, j'en avais marre de le réécrire, alors je vais juste parler d'autre chose. De... euh... la dernière génération ! Sisi. Sans vouloir spoiler (au pire y'a l'arbre G, mais faites comme si j'avais rien dit, muhu), elle est née dans mon jeu. Et elle est trop trop trop belle, je l'aime (vu sa tronche, en même temps...) :3

Hum...

Parlons de ce truc ; la mort de Tessa, Lewma qui le cache. Magnifique résumééé. Hum, non. On voit qu'elle a le même avis que Lamia sur les Purple et que j'arrête pas de tuer mes Sims l'eau l'appelle, même si elle en a peur et qu'elle dit ne pas vouloir revoir la mort (je signale quand même que c'était pas une tentative de suicide). D'ailleurs, ça vous fait pas bizarre, Lewma ayant (presque) la vingtaine ? J'arrive pas à l'imaginer en plein dans la vie active...

Aw ! Et on voit Mano (pas beaucoup mais chut) ~ Vos Simselfs vont jouer un grand rôle dans cette génération (et pas que)... j'ai hâte de faire tout çaaa. Encore merci de me les avoir filées, d'ailleurs... et pardon pour les plus que possibles OOC ^w^"

Vualà, vualà, on se revoit à la prochaine màj (avec Margot !) ♥